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Histoire de Saorge et Fontan

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document historique de Charles Botton et Jean Gaber.

Cette tâche monumentale est due à leur labeur acharné après des années d'étroite collaboration ensemble...

C'est à un vieil ami des auteurs, lui-même issu d'une famille Saorgin, que revient le privilège de présenter cette véritable Encyclopédie, qui restera longtemps le classique BOTTON et GABER. 

Pour beaucoup d'entre nous qui étions jeunes dans les années 30, Saorge était surtout le paradis des grandes vacances. Nous montions des villes de la côte pour y passer deux mois, jalonnés par le festin et la journée de Maurion. C'était un village paisible, peuplé d'anciens (on ne disait pas encore les seniors), qui avait été peu à peu privé de ses actifs par l'exode rural, la saignée de 14-18, puis la tentation des emplois aux chemins de fer. Nous devinions, à voir les ruines du château de Mallemort, ainsi qu'une grande inscription sur une paroi de rocher des gorges, que ce pays avait dû avoir un passé brillant au milieu d'une histoire tourmentée qui opposait provençaux, génois, piémontais, français et d'autres. Plus tard l'Histoire de Saorge due à François Gaziello et un volume de Nice historique nous apportaient déjà une première confirmation. Mais nous découvrons aujourd'hui une fresque grandiose qui s'élève bien-au-dessus de ce que nous aurions pu imaginer.

Si le passé de notre cité ne fait qu'effleurer la protohistoire du Mont Bégo, l'époque romaine et le haut Moyen-Âge, nous sommes ensuite tout surpris de déboucher au XIe siècle parmi de solides précisions, d'y retrouver déjà le nom de Saorge et la transcription reconnaissable de quelques patronymes encore actuels. Le Comté de Vintimille échappe alors aux Génois et se tourne vers la Provence avant que le relais ne soit pris, et pour longtemps, par la Maison de Savoie, hormis quelques années d'occupation par les troupes de louis XIV. Saorge est en ce temps une ville, et il faut le chapitre VIII tout entier pour recenser les édifices religieux édifiés aux XVIe et XVIIe siècles et qui sont parvenus jusqu'à nous...

L'arrivée des armées de la Révolution en 1794 est le prélude à vingt années agitées, dont l'écho lointain sera le rattachement de 1860 et le plébiscite qui confirme sans équivoque la nationalité de notre vallée. L'Histoire saorgienne ne s'arrête pas là pour autant, elle verra encore la sécession de Fontan et Berghe, la réaction aux revendications italiennes, les contrecoups des deux guerres mondiales, l'insertion dans le tissu économique et touristique de la grande voie transalpine que va être de plus en plus la Roya.

Ainsi Saorge aura vécu bien des épisodes dramatiques, des invasions et même des sièges que lui ont valu son exceptionnelle situation topographique et stratégique, mais aussi des heures brillantes. Si Hannibal, qui passa partout au gré de chaque historien, a ignoré notre vallée, en revanche nous apprenons que le Duc de Savoie, allant prendre possession du royaume de Sardaigne, a fait halte à Saorge et que le général Bonaparte en personne a tenu conseil avec Masséna et Rusca sur un col de la Bendola...

Extrait de la préface par Paul Ozenda

Professeur honoraire de l'Université de Grenoble et membre de l'Académie des Sciences